Éducation pour tous : des progrès initiaux, un ralentissement subséquent
Des progrès initiaux...
L’intérêt initial porté sur les objectifs de l’Éducation pour tous et les objectifs du Millénaire pour le développement jumelé à la pression continue des organisations de la société civile ont permis de recueillir plus de fonds de donateurs et ont entraîné des changements importants dans les lois des pays du sud (l’école obligatoire pour les enfants, par exemple). Depuis 2000, le nombre d’enfants n’allant pas à l’école est donc passé de 100 à 75 millions, et le nombre d’adultes analphabètes, de 871 à 774 millions.
... et un ralentissement subséquent
Nous en sommes maintenant à mi-chemin vers 2015 et nous constatons des signes troublants de ralentissement des activités en vue d’atteindre les objectifs de l’Éducation pour tous. Malgré les progrès initiaux, il reste beaucoup de pain sur la planche :
- Il y a des centaines de millions d’enfants, d’adolescents et d’adultes analphabètes dans le monde.
- Il faudrait 18 millions d’enseignants de plus si nous voulons que chaque enfant ait accès à un enseignement de qualité.
- Plus de la moitié des enfants qui ne vont pas à l’école sont des filles.
- À l’échelle mondiale, des dizaines de millions d’enfants qui entament l’école primaire abandonnent avant la 5e année en raison de la mauvaise qualité de l’enseignement et des besoins économiques de leur famille.
- La qualité de l’enseignement reste médiocre pour de nombreux élèves en raison du manque flagrant d’enseignants au primaire formés, de manuels, de matériel d’enseignement et de ressources en classe.
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Les donateurs ne tiennent pas leurs promesses...
Les progrès sont au ralenti principalement parce que les pays riches ne respectent pas leur engagement de fournir les ressources nécessaires. La Campagne mondiale pour l’éducation estime qu’il faudra 11 milliards de dollars par année pour emmener tous les enfants sur les bancs d’école. Il en coûtera 16 milliards de dollars par année pour que les adultes et les enfants aient accès à l’éducation de qualité qu’on leur a promise.
Si tous les pays du G8 (le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni, les États-Unis et la Russie) accordaient tous l’aide promise, il y aurait 60 millions d’enfants de plus dans les écoles (il faudrait 5 milliards de dollars, soit l’équivalent des dépenses des pays européens pour les subventions agricoles ou du coût de quatre avions Stealth Bomber aux États-Unis).
Le Canada n’a accordé que la moitié de sa part des coûts relatifs à l’Éducation pour tous (établi selon le produit intérieur brut et par rapport aux autres pays donateurs).
Conséquences néfastes
Non seulement le manquement des gouvernements à respecter leurs promesses pour l’éducation universelle pourrait faire échouer les objectifs pour 2015, mais il a des conséquences beaucoup plus importantes. Les enfants sans éducation dans les pays en développement sont particulièrement vulnérables aux violations des droits de la personne, notamment le trafic, le travail forcé chez les enfants et les milices. Ces enfants ont aussi plus de risques de mourir de maladies comme le sida et d’autres troubles de santé graves. Sans éducation, des millions de personnes sont condamnées à une vie de misère.


